Pour présenter son premier combat dans la catégorie des poids lourds, Jean-Marc Mormeck (37 ans, 33-4, 22 KO) a donné une conférence de presse, en présence de son adversaire l'Américain Vinny Maddalone (35 ans, 32-5, 23 KO), lundi midi à l'espace Adidas sur les Champs Elysées, à Paris.
Vingt cinq mois après la perte de ses titres mondiaux unifiés des lourd-légers face à David Haye, le Français repart, comme promoteur et boxeur, pour une nouvelle aventure dans la catégorie reine avec comme objectif à terme de retrouver Haye une nouvelle fois.
NB: Pourquoi devenir promoteur ? JMM: Oscar De La Hoya et les frères Klitschko ont montré la voie. C'est la nouvelle génération, des gens qui savent de quoi ils parlent car ils sont boxeurs. C'est une suite logique d'être promoteur. Les promoteurs actuels, pour la plupart, n'ont jamais boxé. ils ne savent pas ce qu'attend un boxeur. Moi, j'ai l'habitude de me battre, au propre comme au figuré. Et en plus, je ne suis pas seul mais entouré de partenaires compétents.
NB: Pourquoi avoir choisi Orange comme diffuseur ? JMM: Avec Orange, on monte un projet axé sur le défi sportif. Ils vont développer une offre importante pour ramener la boxe en haut de l'affiche.
NB: Quelle va être votre action en faveur de la boxe ? JMM: On parle d'un sport mort ! Le public n'a plus d'icones. Aujourd'hui les gens n'y croient plus. Je me sers des erreurs des autres pour progresser, on va essayer de leur donner envie, non seulement avec moi, mais aussi avec des jeunes prometteurs et talentueux comme Khedafi Djelkhir, Daouda Sow ou encore Parfait Amougou dont je vais m'occuper.
NB: Quel est le rôle de Gérard Teysseron, présent à vos cotés ? JMM: J'ai fait tout mon début de carrière avec Gérard Teysseron. Aujourd'hui il revient à mes cotés comme conseiller sportif du team.
Teysseron le coupe : Il m'a permis de rajeunir de dix ans ! (rires). Je m'occupe des combats d'encadrement et lui apporte mon expérience.
NB: Pourquoi revenir en lourds ? JMM: D'une part je n'aime pas la facilité. D'autre part, la défaite contre Haye m'est restée en travers de la gorge. Je regrette ce qui est arrivé ce soir là car au quatrième round lorsqu'il est allé à terre je n'ai peut-être pas assez insisté. Ensuite je prends un coup, le seul du combat, et ça m'a été fatal. Maintenant il boxe en poids lourds et est champion du monde...
NB: Tout ça n'est pas sans risques... JMM: Je suis un homme de défi. Ma carrière n'est pas encore finie. Je continue mon aventure avec toujours la motivation. J'ai toujours tout donné et déjà tout prouvé. Maintenant j'ai deux objectifs, je veux revenir au sommet et relancer la relève. Et pour ça, j'ai besoin de tout le monde avec moi.
NB: Vous pensez intéresser le public ? JMM: Dores et déjà, la Halle Carpentier (plus de 5.000 places), est pleine à 90%. C'est déjà une première victoire, ça veut dire que les gens s'y retrouvent.
NB: Pour parler boxe comment voyez vous le combat contre Maddalone ? JMM: La stratégie, ce sera sur le ring qu'on l'établira. Mais ce sera sans doute à moi de m'adapter à lui. C'est un homme qui avance, il faudra que j'esquive ou que je le stoppe. Là, ce qui est important, c'est que je suis bien dans ma tête et bien préparé. En tant que boxeur j'ai une très bonne équipe autour de moi : Lucien Dauphin, Gaetan Mikaeleff comme cutman qui apportera toute son expérience, et Eric Collette.
NB: Vous n'allez pas être handicapé par votre blessure au bras ? (ndlr: blessure qui a repoussé d'un mois la date du combat) JMM: Pourquoi toujours revenir sur les mêmes choses ? Si je n'étais pas en état de combattre, on ne serait pas là. J'ai choisi de faire le combat en huit reprises, parcequ'en plus d'être mon premier combat chez les poids lourds, c'est aussi mon premier combat depuis deux ans. Il faut prendre étape par étape. Avant de penser à retrouver Haye un jour en poids lourds, je dois d'abord retrouver mon niveau. C'est à moi de le prouver.
NB: On pensait ne plus vous revoir sur un ring... JMM: Mais je n'ai jamais dit que j'arrêtais... J'ai perdu, il fallait digérer. Ensuite je me suis reposé, puis j'ai profité de la vie, j'ai bouffé, je me suis éclaté ! Maintenant je reviens concentré à 100% sur mon défi et mes projets.
NB: Vous vous voyez boxer jusqu'à quand ? JMM: La limite se fera toute seule... Moi, j'ai un exemple, un monsieur extraordinaire : Marvin Hagler. Quand on l'a déclaré battu contre Leonard, il a dit c'est fini et n'est plus revenu malgré des offres incroyables.